Samedi 30 août, le dernier samedi avant la rentrée, c'est promis, j'emmène mon petit à la piscine.

Malheureusement pour lui la piscine est réservée à une manifestation sportive : le tisgalem. Vous n'en avez sans doute jamais entendu parler et moi non plus. C'est un peu normal c'est la première édition.

La piscine olympique d'Antigone permet de toujours passer un bon moment parce que le bassin ludique (comprendre : celui pour les enfants) est bien aménagé avec des sous-espaces où l'on peut prendre des risques à sa mesure, s'expérimenter, progresser.

Chaque samedi environ 500 personnes (statistique au doigt mouillé) doivent fréquenter la piscine, donc je ne m'attends pas à être seul. De fait on n'est pas les seuls à s'être cassés les dents sur cette fermeture. Du côté du public de la manifestation en revanche c'est pas la foule. On va dire dix spectateurs pour vingt organisateurs visibles et sans doute moins de trente participants aux épreuves.

Je ne ferai pas de commentaire sur le niveau « international » des participants, je suis mal placé pour ça mais je me demande pourquoi il était nécessaire de mobiliser la plus grande piscine de Montpellier pour n'utiliser que 25 mètres et 5 couloirs du bassin sportif.

Je comprends bien que les homos ont besoin de se retrouver autour de manifestations festives, culturelles et sportives spécifiques (non d'ailleurs je comprends pas trop) ou qu'ils sont souvent privés de la balade du dimanche, de la kermesse de l'école ou du repas de quartier et autres manifestions « familiales » enthousiasmantes.

Il y a des phrases que je comprends pas : Que tous les hommes et femmes puissent participer, peu importe leur performance sportive, orientation sexuelle, couleur, religion, âge, statut social, langue, état de santé... alors pourquoi revendiquer la manifestation comme gay et lesbienne ?

À Montpellier dans l'ensemble les associations LGBT ont l'oreille de la mairie et je n'ai pas l'intention de m'en plaindre mais j'ai parfois l'impression que les revendications de ces associations passent avant d'autres besoins qui, sans doute, s'expriment moins bien. Je pense par exemple, comme partout ailleurs, à la place des ados dans la ville. Je pense par exemple, comme presque partout ailleurs, à la place des « cultures urbaines ». Je pense bien sûr à ceux qui vivent cachés faute de papiers et à ceux qui vivent honteux de leur misère. Tout le monde ne peut pas être soutenu par la Villa Rouge.

Il y a par exemple à Montpellier une association qui s'occupe de l'hébergement d’urgence et un suivi social, médical et psychologique aux jeunes homosexuels majeurs, filles et garçons, en situation de rupture (Le Refuge présente à Montpellier depuis 2003). Elle est soutenue par peu de collectivités au final : les mairies de Montpellier, Agde et Palavas), le département de l'Hérault, le ministère de la jeunesse et des sports et deux fondations (Caisse d'épargne et Pierre Bergé-Yves Saint-Laurent). Cette association rencontre des problèmes très spécifiques, c'est pourquoi j'admire son action en même temps que j'en déplore l'aspect communautaire qui est un effet pervers (mais ce n'est pas à la victime de s'excuser d'avoir à se défendre).

Pour le sport, franchement je comprends moins. Bon c'est vrai que, dans l'ensemble, le sport je comprends rarement...

PS : le tsigalem est organisé par une association Le chemin des cimes dont je sais par ailleurs qu'elle fait pleins de trucs bien, plus utiles et moins prestigieux.